Kirghistan trek au sud de Karakol

TREK_KARAKOL7326Après quelques jours de transit à Dubai, toujours en squatt chez Stephane que nous avons le plaisir de croiser lors de sa rentrée scolaire…,nous nous envolons pour Bishkek, capitale du Kirghistan. Petit choc thermique, de 50° à 25°,voire moins…Laurent a même étrenné sa doudoune anneés 60 dont vous apprécierez l’élégance désuète dans les images.

Nous retrouvons l’immense plaisir de la négociation avec les taxis dès notre arrivée matinale à l’aéroport, pour rejoindre notre guest house, Ultimate Adventure,sympa, propre, avec un petit jardin et un patio clos bien agréable si le soleil est de la partie (20 €par pers). Notre séjour démarre par la visite du labo d’analyses, Véro a une infection urinaire carabinée, qui nécessitera piqûres et antibios dose cheval (kirgy). La gourde multi usages servira de bouillotte pour compenser la douleur des injections… Bref quelques jours donc de pause nécessaire pour être proche de l’infirmière chargée du traitement, avant de poursuivre la route pour un trek de 10 jours réservé par le CBT dans la région de Karakol. La pluie se mettant de la partie, nous regrettons un peu moins cette halte nécessaire pour retrouver la forme et la capacité de marcher. Même Laurent n’a pas le droit d’effleurer ces fesses douloureuses, mais il sera un merveileux serviteur de la gourde bouillotte. Entre 2 injections nous explorons la ville de Bishkek et quelques environs.La météo réfrigérante et pluvieuse du secteur nous questionne sur l’intérêt de poursuivre notre séjour au Kirghistan.Nous partons nous aérer dans la montagne toute proche, à 30 km de la capitale, histoire de prendre la température à 2000m d’altitude. Nous sommes servis, la neige est déjà là, le ciel est chargé, gants et anoraks sont de sortie! Nous tergiversons.. maintenons nous ce trek de 10 jours? Repartons nous à Madagascar? La météo indienne est toujours sous mousson, inutile d’anticiper sur le parcours projetté. Finalement, un peu teigneux, et ne souhaitant pas non plus passer à côté de Kirghistan nous maintenons notre plan initial. Après une dernière injection qui achèvera la fesse gauche de Véro, nous grimpons dans la Maroushka 101(= minibus),en direction de Karakol, au sud du lac IssyKoul. Après 8h de trajet, nous arrivons dans une guest house (NUR) agréable, bonne literie, et bonnes confitures + petits gateaux maison. Nous devons partir le lendemain pour le trek. Les sommets enneigés que nous apercevons autour de la ville, la pluie torrentielle qui s’abat sur Karakol, et les explications de l’organisateur du trek nous confortent dans le fait que nous ne sommes pas équipés pour les grands froids qui nous attendent dans les cols au dessus des 3000m et dans certains campements. Hop ! On part au bazar pour y faire donc les emplettes nécessaires. Véro échappe de justesse au bonnet d’enfants avec oreilles de Babar, ainsi qu’ au chapeau rose agrémenté de tresses à la «Fifi brin d’acier»…mais pas aux gants « spiderman ». En dernière minute, alors que ferment tous les stands pour échapper à la tempête, nous découvrons un étal de déstokage de l’armée russe. Nous voilà tous les deux équipés de caleçons longs et maillots couleur camouflage. Pas sexys, mais efficaces en sous couche calorifères ! Nous avons demandé à l’association qui nous affrête le trek 2 duvets supplémentaires, ainsi nous pourrons doubler la protection nocturne. Le lendemain matin, grand beau…Il fait même chaud, nous voilà partis ! Nous commençons la grimpette en compagnie de Maks, notre guide, et Mika, qui conduit les 3 chevaux porteurs de nos sacs et intendance pour 10 jours. La première nuit est à la hauteur de nos espèrances(dans tous les sens du terme puisque nous campons à 3500m). Au petit matin, l’eau des gourdes s’appelle glaçon, le torrent a gelé en superficie, et les parois de la tente sont craquantes.. les duvets sont humides de condensation, le sol est blanc, revêtu d’un manteau neigeux… mais le paysage qui nous entoure est sublime, et ça compense…largement, notre entêtement. Le plus dur en fin de compte, c’est la vessie pleine dès l’aube, dont il faut satisfaire la demande pressante en s’évacuant de la chaleur humide, mais bienveillante du double duvet ! Puis la chance nous sourit et le soleil et ciel bleu s’installent en fait les 5 jours suivants, ce qui permet de réchauffer nos vieux os, au moins dans la journée, nous aurons même le courage de nous laver le soir dans les eaux tonifiantes de la rivière de montagne…parfois on utilisera les lingettes de bébé…Nous nous apercevons dès le jour 2, que la description du trek ne correspond pas à la réalité du parcours. Azamat (coordinateur CBT) s’est trompé, il viendra en personne s’en excuser au jour 4 avec une bouteille de vin Kirgize pour se faire pardonner. Le vin est un peu trop sucré pour nos palais français, mais cela change agréablement du thé pour une soirée,et accompagne en douceur le remarquable dîner que Maks nous cuisine sous sa tente. Le trek que nous réalisons est malgré tout magnifique,juste un peu moins haut que la description initiale, notamment dans les bivouacs…ce qui s’avère en fin de compte une très bonne chose en septembre. En dehors de nos 6 heures de marche quotidienne, nous vivons dans notre tente. Elle est à la fois notre salon, notre chambre, notre salle de bains et notre salle à manger. Maks et Mika nous servent le petit déjeuner (on redécouvrira les plaisirs gourmands de la floraline ou du porridge) et le dîner …au lit ! Dans la journée, nous croisons des chevaux, encore des chevaux, des moutons, des vaches, quelques yourtes de bergers nomades. Ils quittent peu à peu les hauts paturages vers la plaine, après avoir démonté leur yourte, avant que l’hiver ne s’installe durablement. Lors d’un croisement de troupeau,nous sommes pris à partie par un taureau, qui obligera Laurent à torréer derrière un gros rocher, sa doudoune rouge a visiblement séduit l’animal, qui s’apprête à découvrir la corrida avec Picadornazo ! Ainsi s’écoule ces 1O jours, la dernière nuit sera vraiment très froide, malgré le plaisir de sources chaudes et sulfurées, dans lesquelles nous irons nous tremper à la fin de la marche. Le retour vers la ville en jeep tout terrain est épique, les pistes de Madagascar semblent bien petites joueuses par rapport à cette jonction dite carrossable. Nous profitons de nos bivouacs pour avancer sur la préparation de la suite du voyage. Un dernier soir à Bishkek avant de rejoindre Almaty, au Kazakstan, pour 2 jours, nous permettra de dîner dans notre restaurant préféré, et de profiter d’internet. Nous humons ainsi l’atmosphère de ces villes d’ex URSS, avec leurs grandes artères au carré, agrémentées de parcs dans lesquels s’érigent les satues de Lenine, Pouchkine et autres généraux en « ine ». Les magasins n’ont aucune devanture, il faut rentrer par de minuscules portes pour savoir ce qui y est vendu. Les cafés et restaus sont pléthores, on nous y donne (comme à Paris en hiver) des couverures pour s’emmitoufler en dégustant sa bière…ou sa votka. Nous prenons l’avion à Almaty, (pour l’Inde) le 20 septembre. Nous projettons de nous rendre dans l’Uttarkaland, puis dans le Bihar, avant de rejoindre Calcutta, puis Darjeelind et le Sikkim, où devrait nous rejoindre notre ami Stéphane. Nous quitterons l’Asie centrale avec l’envie d’y revenir en moto. Ces pays en «Stan» méritent d’y passer un temps certain, avec son propre véhicule, et si possible quelques mots de russe..la barrière de la langue est frustrante, très peu de gens parlent anglais, et le partage est difficile. La pluralité des faciès totalement vikings ou totalement asiatiques est fascinante. Ils sont très rustres dans un premier abord, nous regretterons de ne pas pénétrer plus en profondeur cette culture.Le Kirghistan ne pourra que séduire nos amis amateurs de nature, montagne (hiver comme été), randonnées, VTT, équitation… De tout Coeurghistan…! Les textes à venir se feront sans la doudoune rouge…snif! Mais peut-être aussi sans images… ? Ce serait dommage de se limiter à la prose! Laurent a maleureusement oublié le tout dans le casier de rangement de la Maroushka 401 hier, lors du trajet de retour vers Bishkek..Pour les images on se débrouillera…pour la doudoune, c’est mort! Mais il n’y a pas mort d’homme. 

Pour les images on se débrouillera…pour la doudoune, c’est mort! Mais il n’y a pas mort d’homme.

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3 commentaires pour Kirghistan trek au sud de Karakol

  1. gilbert et anne marie dit :

    coucou de nous deux, encore de magnifiques images que vous nous transmettez, bravo! Nous revenons de Corse mardi et nous vous avons lu que le 22; nous nous apercevons que le froid est avec vous.Apparemment vous zappez le TADJIKISTAN? Au moment où nous vous écrivons vous êtes dans l’UTTARKALAND? Bon, surtout bon chemin et bonnes rencontres. Nos plus tendres pensées.BISOUS……………….!

  2. nauges carole dit :

    Paysages magnifiques ! Il y a de quoi « cesser de se rêver ailleurs » non ?

  3. Anonyme dit :

    Salut,
    J’ai vu sur le net la vidéo (postée par un cheval patibulaire) qui galopait vêtu d’une doudoune rouge en compagnie d’un taureau…
    Coïncidence ?

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