Rajasthan (inde) été 2010

Rajasthan-ChameauNous débarquons à New Dehli un an après notre voyage au Laddakh/ Spitti. Nous avons eu la chance de trouver quelques mois plus tôt un vol d’Aeroflot, via Moscou, à un tarif de 450€ l’aller-retour, défiant toute concurrence, certes sans caviar ni vodka à bord, mais on ne peut pas tout avoir ; Il est 5h du matin, l’aéroport vols intérieurs vers lequel nous nous sommes transférés par le bus inter aéroport, grouille déjà, nous nous plantons dans la queue du guichet « gare ferroviaire » qui ouvre 2 heures plus tard. Nous avons pré- réservé un vol intérieur pour Jodhpur, et tentons la réservation d’un train Jodhpur/ Jaisalmer dans la foulée. Il reste des places en 2ème classe couchette, qui part de Jodhpur tard dans la nuit, banco !
A Jodhpur, nous avons toute l’après-midi pour déambuler jusqu’au fort et dans les rues fourmillantes de vaches et d’indiens plus ou moins camouflés sous leurs parapluies, je profite d’un « réparateur de parapluies » assis dans un bout de marché pour remettre le mien, alors en piteux état, presqu’à neuf. Nous ne savons pas encore combien ce parapluie nous sera utile cet été-là, qui bénéficiera d’une mousson exceptionnelle ! Nous prenons une chambre dans la gare pour patienter jusqu’au départ du train, et prendre le temps d’une douche et d’un bref sommeil, agrémenté des hauts parleurs annonçant chaque minute les mouvements ferroviaires.
La Guest house qui nous accueille à Jaisalmer pendant les 4 jours où nous avons décidé de nous y poser vient nous chercher à la gare (il doit être alors 4h du matin). Epuisés, nous nous endormons dans une minuscule chambrette aveugle. Nous émigrons dès la nuit suivante dans une grande chambre avec terrasse, que nous avions réservée par mail auprès du manager (allemand d’origine). Nous sommes à l’extérieur du fort (10mn à pieds), et le restaurant en toit terrasse, très agréable, accueille tous les soirs des musiciens locaux qui passeront beaucoup de temps à chanter pour nous, nos familles et pour la pluie que tous espèrent voir arriver, la mousson est tardive cette année se plaignent-ils. Il est vrai que les températures de plus de 40° qui sévissent dans la journée baisseraient un peu si les pluies nocturnes daignaient faire le détour, mais aucun risque ! Nous sommes dans le désert après tout !
Après 4 jours à nous reposer, à marcher dans la citadelle, pédaler de sépultures en sépultures en plein désert, nous faire faire un massage ayurvédique, consommer lassis , thalis, tandooris, et…quelques bières fraîches pour nous réhydrater, nous reprenons le train de nuit pour l’étape suivante, toujours en 2ème classe couchette. Le confort n’y est pas top, le sable passe à travers les fenêtres qui ne se joignent pas, mais il n’y plus de first class disponibles.
Nous voilà donc à Bikaner. Avant notre arrivée en Inde, nous avions pris contact avec une association, susceptible d’organiser des treks dans le désert, et qui répartit les bénéfices auprès des écoles de villages isolés. L’organisation ne nous semble pas au top, mais…nous voilà partis dans un rickshaw plein à craquer de provisions, avec notre guide qui ne nous semble pas au top non plus…après avoir visité le temple des rats où nous sacrifierons une paire de vieilles chaussettes pour ne pas marcher pieds nus dans les merdes des rongeurs, avoir entraperçu le rat blanc qui parait-il porte bonheur, nous arrivons chez notre chamelier, qui charge sa bête de nos gros sacs et nourritures pour les 5 jours prévus de bivouac. Notre guide monte avec lui dans la carriole que tracte l’animal à bosses, et Laurent et moi entamons notre parcours pédestre.
Il fait 50°, nous sommes en eau et notre guide nous propose régulièrement de le rejoindre dans la charrette, ne comprenant pas notre culture du trek pédestre.
Après une première nuit à la belle étoile, une autre dans les ruines d’une école désaffectée, les chansons du groupe de musiciens de Jaisalmer sont exaucées au-delà de toute espérance, notre chamelier précise qu’ils n’ont pas vu de pluie depuis 50 ans. N’ayant aucune solution de secours (type une tente à monter par exemple…) déclinant l’invitation du guide dormir la nuit suivante sous la charrette (où l’on peut espérer un lit d’1 mètre carré2 au sec), nous décidons de rejoindre l’axe routier, à quelques heures de marche et d’arrêter là notre trek en désert mouillé, n’en voyant pas l’intérêt sous la pluie qui semble vouloir durer.
Quelques heures d’attente, et nous prenons un bus pour Pushkar. La ville est un haut lieu de pèlerinage, nous nous imbibons de l’atmosphère autour des ghâts, Nous y louons des vélos et pérégrinons sous le soleil cuisant dans les alentours. Le voyage s’interrompt alors. Après un massage, Laurent se retrouve dans la nuit complètement bloqué, tout son corps est en pierre. Nous aurons droit à la visite du médecin, un séjour au centre de radiologie local, (l’appareil remonte à mathusalem, ses urines déposées dans un petit flacon (local aussi) dans une arrière-cour où caquettent quelques poules ne décèlent par chance rien de particulier, nous ajoutons ensuite à notre parcours l’hôpital du secteur, tout un monde indescriptible avec nos normes de soins à la française, il a droit une injection d’anti inflammatoires, mais reste « de marbre »
Nous décidons de bifurquer vers Jaipur, afin de consulter dans une clinique privée, qui lui injectera 3 jours durant quelques produits de réhydratation et d’anti inflammatoires, le diagnostic posé reste le même : blocage réactif de son corps au stress physique engendré par le surmenage et la déshydratation des jours précédents.
Peu à peu, les choses s’améliorent et nous continuons la route après avoir pris le temps de la visite de Jaipur et ses alentours.
Puis bus de nuit en couchettes vers Udaipur. Ce sont en fait des petits (tout petits !) compartiments fermés par un volet plastifié, nous sommes en « serre », et en courant d’air toute la nuit ! Nous y germons un torticolis/ poussée inflammatoire pour l’épaule et la nuque de Véro, et qui ne cessera qu’à la fin du voyage…
A Udaipur nous décidons de nous faire un séjour carte postales/ piscine, mais à peine arrivés au bord de cette dernière dans un grand hôtel, que la mousson nous rejoint à trombes d’eau pour les 3 jours que nous y passerons. Mais nous continuons, teigneux, et visitons les palais, marchant ou pédalant, renonçant de fait à la piscine, puisque la pluie nous immerge en permanence.
Nous reprenons le train tôt le matin vers la citadelle de Chitaurgarh, y passons la journée, les singes nous y volent notre piquenique de bananes malencontreusement tenues à la main un bref instant. La mini trousse de médicaments rencontrera sans doute les doigts habiles d’un pickpocket qui l’a confondu avec un porte-monnaie rangé dans la poche extérieure de mon sac à dos.
Bref, l’aventure continue… Le soir même nous reprenons un train de nuit (toujours en couchettes 2ème classe !) pour le village de Bundi. Le site est magnifique, nous prenons le temps de choisir une guest-house avec chambre et terrasse donnant sur les palais anciens, il ne pleut plus, et nous sommes cette fois déterminés à prendre du bon temps en profitant de l’atmosphère paisible de cette cité historique et hors des grandes structures touristiques. Grand bien nous fasse, ces 3 jours-là, un festival rassemble tous les villageois des alentours, qui dévisagent la blondeur de mes cheveux et la calvitie de Laurent avec une curiosité de masse à 30cm de nos visages. Nous avons l’impression d’être au zoo, sauf que les bêtes curieuses, ce sont nos pommes.
Et dès que la nuit tombe, et que nous devenons moins visibles, des petits insectes envahissent par milliers et à profusion tout le village, y compris dans la chambre, le matin quand nous nous levons, ça craque sous nos pieds, c’est assez infernal, mais…ils ne piquent pas.
Nous prenons malgré tout du plaisir à pédaler sur un circuit autour de la cité, un peu gâché cependant par la poursuite d’ados qui semblent ne connaître du sexe féminin que l’appellation de « Barbie »dont ils me qualifient. (Je crois qu’ils ne réalisent pas que j’ai l’âge de leurs mères voire grand- mères..).
Nous quittons Bundi en bus pour Khajurâho, dont nous voulons explorer la merveille des temples aux sculptures du Kamasutra. Là aussi, les jeunes indiens nous poursuivent de leurs ardeurs et démarchages, à plusieurs reprises nous devrons nous fâcher de leurs comportements, sans respect des lieux et des personnes. En sus des temples bien sûr, nous prendrons le temps des visites alentours à vélo, d’une séance piscine avant la pluie du soir dans un hôtel de luxe, il suffit de payer le droit d’entrée, mais Laurent est presque rejeté car son look « bandana sur la tête » pour éviter les morsures du soleil et les regards sur son crâne ne convient pas au cadre…J’y trouve aussi un cabinet de médecine ayurvédique qui me soulage un peu de mon torticolis persistant.
Nous enchaînons ensuite vers Agra, Laurent n’a jamais vu le Taj Mahal. Je suis un peu déçue par le coût pharamineux de l’entrée pour les étrangers, et le monde qui y règne, la visite se fait à la queue leu leu dans les points d’intérêts principaux. L’Inde s’est développée sur le grand tourisme de luxe et de groupe, nous n’y sommes plus à notre place..
Et pourtant nous avons sacrifié à notre budget pour ces 2 dernières nuits du voyage en choisissant un hôtel muni d’une piscine…dont nous ne profiterons pas beaucoup.. Laurent a attrapé une bronchite et la mousson nous a rejoints. De plus la climatisation est telle que nous nous gelons dans la chambre déshabitués de dormir à 18 ou 20° !
Nous allons bien sûr visiter aussi Fatepuhr Sikri, (mieux vaut sans doute y loger plutôt qu’à Agra, le soir quand les bus touristiques sont partis l’atmosphère y est paisible), avec l’épisode répétitif de la pluie qui tombe toujours systématiquement sur moi lorsque nous prenons le bus, me contraignant à ouvrir mon parapluie y compris dans les transports en communs…
Nous partons d’Agra en train, et enchaînons directement de la gare d’arrivée à Dehli vers l’aéroport où le Boeing d’Aeroflot nous prend à son bord pour le retour en France.
Ce voyage en Inde n’a rien à voir avec le précédent, chez les bouddhistes et dans les montagnes, il a été très éprouvant, tant physiquement que moralement.
L’Inde des merveilles a-t-elle perdu son âme ? Ou se réserve-t-elle désormais à une forme de tourisme qui ne tolère pas le routard ?

Quelques Photos en Vrac..

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